L'ampleur du problème

Tiré de : " La violence conjugale... c'est quoi au juste? "

Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, 2000.

On croit souvent que la violence conjugale a augmenté ces dernières années. C'est faux. Il y en a toujours eu autant et à toutes les époques. Au temps des romains, par exemple, un mari avait droit de vie ou de mort sur son épouse comme sur ses esclaves.

" Au Canada, c'est en 1929 que la femme acquit le statut juridique de personne, avant elle était considérée comme la propriété des pères et desmaris. "

Si les statistiques récentes montrent un accroissement des cas, c'est simplement qu'aujourd'hui on en discute. Avant 1975, qui parlait de violence conjugale? D'abord, des groupes de femmes ont soutenu les femmes violentées, qui ont commencé à déposer plus fréquemment des plaintes. Puis, sous la pression du mouvement des femmes, les intervenant-e-s, les médias, le ministère de la Justice et le grand public ont suivi. De sorte que les femmes, plus que jamais auparavant, se sentent capable de révéler la violence qu'elles subissent chez elle, dans l'intimité de leur couple.

Parce que les femmes en parlent plus et parce que les intervenant-e-s (policiers, juges, travailleurs sociaux, etc.) y sont plus sensibles, on peut aujourd'hui mieux quantifier le problème de la violence conjugale :

  • Sur une période d'une année, selon l'Institut de la statistique du Québec (2002), plus de 100 000 québécoises, soit 6% des femmes de 18 ans et plus vivant en couple, ont été victimes de violence physique de la part de leur partenaire.
  • Sur une période d'une année, selon l'Institut de la statistique du Québec, 13% des femmes victimes de violence conjugale ont été blessées physiquement par leur conjoint, soit 14 000 québécoises mariées ou vivant en union libre.
  • En 2003, on dénombrait, selon le ministère de la Sécurité publique du Québec, près de 16 500 victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugale. Et 84% des victimes étaient des femmes.
  • Selon le ministère de la Sécurité publique, les femmes étaient les principales victimes des homicides entre conjoint. Au cour des années 1995 à 2000, on a recensé 101 femmes tuées par leur conjoint, leur ex-conjoint ou leur ami intime, ce qui équivaut à 16.8 décès en moyenne par année au Québec.
  • En 1999, selon les statistiques policières du Québec, les femmes victimes de violence conjugale représentaient 43% des victimes féminines de meutre.
  • En 2000, selon Statistiques Canada, les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont celles qui présentent le plus de risque d'être tuées par le conjoint ou l'ami intime. C'est dans cette même catégorie d'âge, selon le ministère de la sécurité publique, qu'on trouve le plus haut de victimisation dans le cadre des relations de couple.
  • Chaque année, les maisons d'hébergement membres du Regroupement accueillent près de 8000 femmes et enfants.

" Au Québec, les femmes doivent obéissance en vertu de l'autorité maritale et ce, jusqu'au début des années 60. "

La violence conjugale... c'est quoi au juste?  WWW.MAISONS-FEMMES.QC.CA